LVOE


Un temps pluvieux, automnal, un bon plaid, un canapé et on s’écoute LVOE. 

Un groupe qui pourrait passer pour un OVNI entre psychedelisme et britpop, un groupe qui réchauffe ton coeur et te fait voyager.  Un véritable coup de coeur qui est déjà plebiscité par les Inrocks après seulement quelques mois d’existence. 

Je vous laisse enclencher le player  avant de lire l’interview . 

Bonjour LVOE comment allez-vous?

Très bien. Merci de nous accorder un petit peu de place ici !

4 lettres pour 5 musiciens ! Sur votre page Facebook vous signez également en capitales R.R. – R.K. – C.E. – B.C. – M.F. Pourquoi cet attachement aux lettres, on pourrait penser que c’est l’anagramme de love?

LVOE est en effet l’anagramme de love. Au départ, on a balancé plein d’idées, un peu au hasard, sans trop réfléchir. On voulait qu’il y ait cette dimension de « communion », retranscrire une volonté de partage. Mais on ne voulait pas tomber dans le classique ou dans le niais. LVOE, love mal écrit, en lettres capitales, on trouvait ça intéressant sur le plan visuel, et le fait qu’on ne sache pas vraiment comment le prononcer est assez marrant, ça dédramatise. L’amour c’est pas nous, on n’a pas la prétention de l’incarner (rires), mais on est sincères dans la démarche. C’est ça que l’on veut transmettre. Quant à nos noms, on aime bien ce relatif anonymat.

 Vous êtes un groupe très récent puisque vous avez fait votre premier concert à la maison dans votre club préféré à Tours, le Pale, il y a à peine 15 jours … Etiez-vous particulièrement détendus ou stressés à l’idée de jouer à la maison ?? Parlez-nous de ce premier concert !

C’était une sensation assez étrange. On a tous une expérience de la scène, et pourtant, c’était un peu comme une première fois. Quand on a commencé à composer il y a une dizaine de mois, on a fait ça sans pression, comme dans une bulle. On avait un très grand sentiment de liberté. Quand on a sorti notre petit EP en juin, même nos potes ne savaient pas vraiment ce qui se tramait. On n’avait prévu aucun concert, fait aucune démarche. L’idée de bien prendre notre temps nous plaisait pas mal. Mais on nous a vite proposé ces deux dates, la première au Pale, à Tours, et le lendemain au Bus Palladium, à Paris. C’était une bonne occasion de tester tout ça en live. De voir comment les titres allaient se comporter, savoir sur quoi on devait encore travailler pour la suite. Faire ce premier concert au Pale, chez nous, c’était très important. Tours c’est chez nous, on y est très attachés. Et le Pale est un lieu qui nous a toujours été fidèle. Il y avait beaucoup de monde, ce qui nous a fait énormément plaisir. Mais on ne s’y attendait pas et on s’est un peu mis la pression, du coup on a joué un peu sur la défensive. En revanche on en a retiré beaucoup de choses ! Le fait de rejouer dès le lendemain nous a permis d’effectuer des changements immédiats. On a changé la set-list, la structure de certains morceaux. On s’est beaucoup parlé, pour régler quelques petits bugs qui nous avaient sauté aux oreilles la veille. Et finalement, une fois soulagés d’avoir passé l’épreuve du feu de la veille, on a pris énormément de plaisir dès le lendemain au Bus. On a bien joué, les gens semblaient ravis et nous aussi. Avec ces deux dates, on a une bonne base pour continuer à affiner tout ça.

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Le premier ep “A misspelling of love “ est sorti en juin. Un univers où on se sent immédiatement enveloppé, je dirais même pour le jeu de mot on se sent “lové” comme dans un bon plaid, guitares orientales, reverb , un son parfois groovy. Un mélange de britpop associé à un son psychédélique faisant le pont entre Oasis et Tame Impala. C’est ce que vous vouliez ressortir cette idée du cool, du “smooth”, du voyage…?

Oui, cet EP est une première image de ce qu’on cherche à installer. Un son qui reflète notre état d’esprit. Quand on a commencé, on savait juste qu’on voulait une musique qui réunissait un grand nombre d’influences, qu’elles soient musicales, littéraires ou cinématographiques, tout en étant la nôtre. Dans nos années de découvertes musicales, on est passés beaucoup de phases, le shoegaze,le grunge, le big beat, le hip hop, le trip hop… L’idée, contrairement à ce qu’on a pu faire avant, était de ne faire aucun choix entre tous ces univers, mais de réussir à trouver une cohérence entre eux qui nous ressemble. Et ça, ça passe par un son. On a voulu mélanger le côté enveloppant des guitares shoegaze ou psychédéliques avec des rythmes inspirés du big beat et du hip hop, agrémentés de sons électroniques pour ajouter de la texture, des ambiances un peu hallucinées ou au contraire parfois un peu épiques pour le côté voyage, trip… Et les scènes de films qu’on ajoute à certains de nos morceaux sont là pour leur côté visuel. Le « you’re so cool » de Patricia Arquette », dans True Romance, la scène d’évasion tirée de « Vanishing Point », traduisent un besoin de fuite, de calme, à l’abris du quotidien.

Ou l’avez-vous enregistré ?

A Conchy-lés-Pots, un hameau en Picardie où a été écrit le texte de la chanson « Le temps des cerises ». Un corps de ferme absolument magique entièrement restauré et aménagé par Jean-Marc, prof de mécanique en semi retraite et bricoleur de génie qui fabrique lui-même ses systèmes sons en commandant dans le monde entier ses câblages, ses pièces d’électronique, ses lampes de puissance. Un super plan et une expérience incroyable ! On y a passé une semaine complètement hors du temps, à écouter ses anecdotes de jeunesse, nourris, logés, installés comme des rois, loin de tout. C’est pendant cette semaine qu’est née l’idée d’enregistrer Sunshine, qui clôture l’EP. Jean-Marc a dans sa salle à manger un vieux Jukebox des années 60 avec quelques raretés dedans. Quand on a entendu les trompettes de Sunshine démarrer pendant le dîner, un soir, ça nous a plongés dans une sorte d’euphorie communicative, qui résume bien cette semaine un peu spéciale qu’on était en train de vivre. On l’a enregistrée dans la foulée en deux ou trois heures. C’était un moyen de dire merci à Jean-Marc.

Pour cet EP, vous avez travaillé avec une légende du rock britannique, Joe Foster, qui rappelons-le a produit des groupes comme Jesus and Mary Chain et Primal scream. Comment s’est fait la rencontre. Que pensez-vous qu’il vous a apporté?

Ca s’est fait complètement par hasard. Romain a rencontré dans une soirée à Tours une anglaise avec qui il s’est bien entendu et a gardé contact. Elle a fini par lui dire un peu plus tard qu’elle avait travaillé dans les années 1990 pour Creation Records, le label d’Alan McGee et de Joe Foster… Au moment de produire l’EP, il lui a demandé si elle connaissait un bon ingé son. Elle a envoyé un message à Joe Foster en lui demandant si ça l’intéressait, avec Romain en copie. Ca s’est fait très simplement. On lui a fait écouter nos maquettes, il nous a donné quelques conseils forts utiles, notamment sur la structure de certains morceaux. C’était un beau moment pour nous !

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Qui compose et qui écrit les textes?

La composition appartient à tout le monde. En vrai, on ne sait plus vraiment qui a apporté ou enregistré quoi. On est tous capables de jouer un peu de guitare, un peu de basse, de chercher des rythmiques ou des sons sortis des machines. Donc on ne veut pas astreindre chacun à un rôle. Celui qui a une idée prend l’instrument dont il a besoin et la soumet aux autres. Rien n’est cloisonné. Les rôles sont surtout définis sur scène. Mais la création, la composition et l’écriture sont des espaces de totale liberté. On se sent bien comme ça.

 Pourquoi l’absence de batterie lors de l’enregistrement? Est-ce un choix marqué ?

C’est à la fois un choix et le fruit d’une contrainte. Disons que les programmations ont permis d’installer ce son big beat, parfois trip hop. Et Marine n’avait pas encore rejoint le projet. Les choses se sont un peu faites d’elles-mêmes. On a composé l’EP comme ça, et on s’est dit que finalement c’était cool. Mais l’objectif a toujours été d’allier programmations et batterie acoustique. Ce sera sans doute le cas pour nos prochains enregistrements et c’est déjà le cas en concerts.

« A Misspelling Of Love » est disponible en streaming et en téléchargement sur Bandcamp et Soundcloud. Peut-on se le procurer physiquement ?

En fait, A Misspelling of Love sert surtout à faire les présentations. Le sortir, ou plutôt le mettre en écoute, nous sert à poser une première pierre, à faire une sorte de bilan d’étape et à donner aux plus curieux le plaisir de la découverte. Mais il ne s’agit pas de quelque chose de figé. On aime l’idée que ça reste un peu mouvant pour le moment. On est déjà en train de travailler sur la suite en fait.

Votre EP a été classe automatiquement dans les 7 sorties à découvrir d’urgence en juin par les Inrocks et de plutôt bonnes critiques ! Comment allez-vous adapter cet e.p à la scène sans perdre son identité?

Oui il a en effet été présenté dans les découvertes des Inrocks immédiatement. Ca nous a fait plaisir de savoir qu’il a été apprécié. Il a aussi bien été reçu par certains acteurs de la vie culturelle tourangelle, et c’est au moins aussi important. C’est agréable de sentir que les gens s’intéressent à ce que vous faites. Ce qui nous a d’autant plus fait nous poser la question de la scène. Le son qu’on a commencé à dessiner dans cet EP est exigeant, il y a beaucoup de textures qui se superposent, ça demande des très bonnes balances, de savoir gérer les transitions entre les ambiances, et les harmonies vocales nécessitent de bien nous entendre entre nous… tout ça se prépare. Les deux dates au Pale et au Bus Palladium s’inscrivent là-dedans. Ca nous a permis de voir exactement ce qu’on doit travailler aux futurs filages et résidences qu’on compte faire. On réfléchit à l’ambiance visuelle aussi.

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 Votre dernier cd acheté ou téléchargé ?

Légalement ? … (rires)

Le dernier concert où vous êtes alles ?

Pond, Tame Impala, Fuzz et Chemical Brothers à Rock en Seine. Sinon tout un tas de petits concerts dans les clubs et les caf’conc’.

Coup de coeur de la scene musical rock actuelle ?

Le dernier Tame Impala nous a un peu surpris au début. Mais après plusieurs écoutes on l’a trouvé cool. Pond ça a été une vraie claque à Rock en Seine. Sinon il y a aussi Jagwar Ma, Courtney Barnett, Kurt Vile et une scène shoegaze en pleine renaissance un peu partout…

Un groupe avec lequel vous aimeriez jouer?

Comme affiches de rêve ? Tous ceux qu’on a cités avant en fait, et un paquet d’autres, comme Spiritualized, Primal Scream, les Dandy Warhols, Brian Jonestown Massacre… toutes ces influences un peu lointaines mais qui tournent encore.

Parlez-nous des projets du groupe.

Travailler sur les titres en cours, on a plein de matière à mettre en forme, présenter notre travail aux personnes que ça peut intéresser. On aimerait pouvoir travailler sur un vrai album, avec un réalisateur, donner à nos chansons le meilleur habillage qui soit, et puis tourner. Tout ça demande de bien se préparer, les retours sur l’EP et les deux premières dates, ce qu’on a ressenti, le temps qu’on a pris, nous ont déjà permis de beaucoup avancer dans nos têtes sur ce qu’on souhaite faire avec tout ça. Le fait d’être cinq personnes qui se retrouvent sur l’essentiel, qui veulent se fondre dans un son de groupe est très important aussi. Maintenant qu’on est en passe d’avoir tout ça, qu’on a posé toutes les bases, qu’on sait à peu près sur quoi on doit concentrer nos efforts, il y a juste à continuer sans se prendre la tête, et prendre du plaisir.

La question rituelle de Kick out the jams, Fender ou Gibson ?

On doit vraiment choisir ? (rires)

Le mot de la fin ?

Début !

Retrouvez les sur FACEBOOKBANDCAMP et leur chaine YOUTUBE.

Clara.

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